Transformer un plateau en bureaux ne consiste pas simplement à répartir des postes de travail sur une surface disponible.
Open space, bureaux fermés, salles de réunion, espaces informels, circulations, zones techniques : chaque choix d’implantation a des conséquences sur le confort des collaborateurs, mais aussi sur la lumière, l’acoustique, la ventilation ou encore la sécurité incendie.
L’aménagement d’un plateau de bureaux doit donc partir des usages tout en intégrant, dès la conception, les contraintes techniques du bâtiment.
Voici les principaux points à anticiper avant de définir le plan d’aménagement.
- L’aménagement d’un plateau commence par les usages : effectifs, modes de travail, réunions, confidentialité et besoins des équipes.
- Open space et bureaux fermés ne s’opposent pas nécessairement : plusieurs typologies d’espaces peuvent cohabiter sur un même plateau.
- Le cloisonnement a des conséquences techniques : ventilation, climatisation, lumière, acoustique, réseaux et sécurité incendie doivent être étudiés en parallèle.
- Le space planning permet de confronter les besoins de l’entreprise aux possibilités réelles du bâtiment avant de figer le plan et de lancer les travaux.
Qu’appelle-t-on un plateau de bureaux ?
Un plateau de bureaux désigne généralement une surface tertiaire regroupée sur un même niveau d’un bâtiment.
Il peut s’agir d’un plateau nu, dans lequel une grande partie des aménagements reste à réaliser, ou d’un espace déjà occupé qu’une entreprise souhaite réorganiser.
Dans les deux cas, le même volume peut donner lieu à des configurations très différentes : un grand open space, une succession de bureaux fermés ou, comme c’est souvent le cas aujourd’hui, une organisation hybride associant plusieurs types d’espaces.
L’enjeu n’est donc pas uniquement d’exploiter une surface disponible, mais de déterminer comment la structurer en fonction des usages futurs.
Par quoi commencer pour aménager un plateau de bureaux ?
Avant de dessiner les premières cloisons, il faut commencer par définir les besoins.
Il faut également prévoir les espaces qui ne correspondent pas directement à des postes de travail : accueil, salles de réunion, phone boxes, espaces informels, kitchenette, reprographie, sanitaires ou zones de rangement.

Cette réflexion permet de construire le space planning, c’est-à-dire l’organisation spatiale du futur environnement de travail.
L’INRS recommande notamment d’organiser les espaces en fonction des activités, des besoins de proximité et de communication, tout en anticipant les circulations. L’objectif n’est donc pas de rechercher systématiquement le nombre maximal de postes au mètre carré, mais une implantation cohérente avec le fonctionnement de l’entreprise.
Comment organiser les différentes zones du plateau ?
Un plateau de bureaux peut associer plusieurs typologies d’espaces.
Le plan doit donc être construit à partir des différents usages plutôt qu’autour d’un modèle unique.
Open space ou bureaux cloisonnés : faut-il vraiment choisir ?

Opposer systématiquement open space et bureaux fermés n’est pas toujours pertinent.
Un plateau peut combiner plusieurs niveaux d’ouverture et de confidentialité.
Une entreprise peut par exemple conserver un espace ouvert pour certaines équipes, créer des salles fermées pour les réunions, prévoir quelques bureaux individuels et ajouter des espaces permettant de passer un appel ou de travailler ponctuellement au calme.
Cette approche permet d’adapter les espaces aux différentes tâches réalisées au cours d’une journée.
Le cloisonnement devient alors un outil permettant de créer différents environnements de travail à l’intérieur d’un même plateau, plutôt qu’une simple séparation physique.
Cloisonnement et compartimentage : quelle différence ?
Les deux notions peuvent être confondues alors qu’elles ne répondent pas nécessairement au même objectif.
Les cloisons peuvent être pleines, vitrées, fixes ou démontables et présenter différentes performances acoustiques ou de résistance au feu.
Les exigences dépendent de la configuration, du statut du bâtiment et de la réglementation applicable au projet.
Une cloison utilisée pour organiser un plateau n’est donc pas automatiquement une séparation répondant à une exigence de compartimentage incendie.
Dans certains projets, ces deux fonctions peuvent néanmoins se rejoindre. Une séparation peut par exemple devoir répondre à la fois à un besoin architectural, acoustique et de résistance au feu.
C’est notamment le cas de certaines cloisons coupe-feu vitrées, qui permettent de conserver une transparence visuelle tout en répondant aux performances requises pour le projet.
Pourquoi ne peut-on pas définir le cloisonnement indépendamment des lots techniques ?
Sur un plan, déplacer une cloison de quelques mètres peut sembler anodin. Dans la réalité, cette modification peut avoir des conséquences sur plusieurs installations.
Ventilation et climatisation
Un plateau initialement ouvert peut disposer d'une distribution d'air pensée pour un grand volume.
Si plusieurs bureaux et salles de réunion sont créés, il faut vérifier que chaque nouvel espace bénéficie d'une ventilation et d'un confort thermique adaptés à son usage et à son occupation.
Le cloisonnement et le CVC doivent donc être étudiés ensemble.
Éclairage
La création de nouveaux espaces modifie également la manière dont la lumière naturelle circule dans le plateau.
Installer des locaux fermés le long de toutes les façades peut par exemple réduire fortement l'apport de lumière vers les espaces situés au centre.
Les recommandations de conception de l'INRS invitent à prendre en compte l'éclairage naturel et la vue sur l'extérieur dès l'implantation des postes de travail.
Acoustique
Une cloison ne règle pas à elle seule toutes les problématiques acoustiques.
Selon le niveau de confidentialité recherché, il faut notamment réfléchir aux performances des séparations, aux portes, aux plafonds et à la transmission du son entre les différents espaces.
À l'inverse, sur les zones ouvertes, le traitement acoustique vise notamment à limiter la propagation des conversations et la réverbération.
Ces problématiques sont détaillées dans notre article consacré à l’acoustique dans les bureaux.
Électricité et réseaux
Chaque nouvelle zone doit disposer des équipements nécessaires à son usage : prises électriques, réseau informatique, éclairage, commandes ou équipements audiovisuels pour les salles de réunion.
Une modification du plan entraîne donc souvent une adaptation de la distribution technique.
Sécurité incendie
Enfin, le cloisonnement doit rester compatible avec les conditions d'évacuation et les dispositifs de sécurité incendie du bâtiment.
Modifier profondément la distribution d'un plateau peut notamment nécessiter de vérifier les circulations, les dégagements et le fonctionnement du désenfumage.
C'est pourquoi ces sujets doivent être étudiés au moment de la conception et non une fois le cloisonnement réalisé.
Comment préserver la lumière naturelle lorsque l’on cloisonne un plateau ?

La lumière naturelle est l’une des contraintes majeures lorsque l’on transforme un grand plateau ouvert en plusieurs espaces.
Le premier levier consiste à réfléchir à l’implantation des pièces fermées. Toutes n’ont pas nécessairement besoin d’occuper les façades et les zones bénéficiant du meilleur éclairage naturel.
Les cloisons vitrées peuvent également permettre de séparer des espaces tout en laissant circuler la lumière.
Le choix dépend néanmoins des usages. Une salle de réunion vitrée n'offre pas le même niveau d'intimité visuelle qu'une pièce fermée par des cloisons pleines.
L'objectif est donc de trouver un équilibre entre lumière, confidentialité, acoustique et organisation des espaces.
Comment gérer l’acoustique sur un plateau de bureaux ?
Plus un plateau associe des usages différents, plus la question acoustique devient importante.
Une salle de réunion installée directement à côté d’une zone de concentration, une kitchenette ouverte au milieu des postes ou plusieurs espaces de visioconférence mal isolés peuvent rapidement créer des nuisances.
La conception doit donc chercher à rapprocher les usages compatibles et, au contraire, à éloigner ou isoler les activités les plus bruyantes.
Les cloisons ne constituent qu’une partie de la réponse. Plafonds, revêtements, mobilier, panneaux absorbants et organisation du plateau participent également au confort acoustique.
L’INRS recommande d’ailleurs de traiter ces problématiques dès la conception des locaux plutôt que d’intervenir uniquement après l’apparition des nuisances.
Comment concevoir un plateau capable d’évoluer ?
Les besoins d’une entreprise peuvent évoluer plus rapidement que ses locaux.
Les effectifs changent, les équipes se réorganisent et les usages évoluent avec le télétravail ou le flex office.
Lorsque le projet le permet, il peut donc être intéressant d’éviter un aménagement trop figé.
Anticiper ces évolutions dès la conception peut limiter l'ampleur de futurs travaux.
Il ne s'agit pas pour autant de rendre chaque espace totalement transformable. L'objectif est plutôt d'identifier les zones susceptibles d'évoluer et de ne pas créer inutilement des contraintes qui rendraient leur transformation complexe.
Quelles sont les étapes pour aménager un plateau de bureaux ?
Un projet d’aménagement de plateau peut être organisé autour de plusieurs grandes étapes.
L'intérêt de cette démarche est de faire dialoguer les usages et la technique suffisamment tôt pour éviter de devoir modifier le projet une fois les études avancées ou les travaux commencés.





