Désenfumage des bureaux : quelles règles anticiper lors d’un aménagement ?

Lors d’un projet d’aménagement ou de rénovation de bureaux, la sécurité incendie ne doit pas être traitée une fois les plans finalisés. Le cloisonnement, les circulations, les dégagements et le désenfumage font partie des contraintes à intégrer dès la conception des espaces.

Le désenfumage joue notamment un rôle essentiel en cas d’incendie : il permet d’évacuer les fumées et les gaz chauds vers l’extérieur, afin de maintenir autant que possible les cheminements d’évacuation praticables, de faciliter l’intervention des secours et de limiter la propagation de l’incendie.

Dans des bureaux existants, la problématique se pose également lors d’un réaménagement. Modifier profondément le cloisonnement ou la distribution d’un plateau peut nécessiter de vérifier que les dispositifs existants restent adaptés au nouvel aménagement.

EN BREF
  • Le désenfumage participe à l’évacuation des fumées en cas d’incendie et doit être intégré à la conception des locaux.
  • Dans les lieux de travail, certaines configurations imposent un désenfumage, notamment selon la surface, la localisation et la présence ou non d’ouvertures.
  • Un réaménagement peut remettre en question le dispositif existant : modifier les cloisons, volumes ou circulations peut nécessiter une nouvelle analyse.
  • Le statut du bâtiment est déterminant : bureaux relevant du Code du travail, ERP ou IGH ne répondent pas nécessairement aux mêmes dispositions.

À quoi sert le désenfumage dans des bureaux ?

Lors d’un incendie, les fumées constituent un danger majeur pour les occupants. Le désenfumage vise à les évacuer et à limiter leur accumulation dans les espaces concernés.

L’INRS rappelle que le désenfumage facilite l’évacuation du personnel et l’intervention des secours tout en limitant les risques de propagation de l’incendie. L’organisme précise également que ces dispositifs doivent être prévus dès la conception de l’établissement.

Le sujet dépasse donc la simple installation d’un équipement technique. La conception même des locaux et de leurs circulations participe à la sécurité des personnes.

Quand le désenfumage est-il obligatoire dans des bureaux ?

Les obligations dépendent du type de bâtiment et de la réglementation qui lui est applicable. Pour les lieux de travail concernés par le Code du travail, la réglementation actuellement en vigueur prévoit un désenfumage naturel ou mécanique pour :

  • les locaux de plus de 300 m² situés en rez-de-chaussée ou en étage ;
  • les locaux aveugles de plus de 100 m² ;
  • les locaux situés en sous-sol ;
  • tous les escaliers.

Ces dispositions sont prévues par les articles R.4216-13 à R.4216-16 du Code du travail.

Il ne faut cependant pas appliquer ces seuils isolément à n’importe quel projet. Les règles à prendre en compte dépendent également de la destination et du classement du bâtiment.

Un établissement recevant du public (ERP), un immeuble de grande hauteur (IGH) ou un bâtiment présentant des contraintes particulières peut être soumis à d’autres dispositions.

C’est pourquoi l’analyse réglementaire doit intervenir suffisamment tôt dans le projet, avant de figer l’aménagement.

Désenfumage naturel ou mécanique : quelle différence ?

Il existe deux grandes solutions de désenfumage : naturel et mécanique.

Désenfumage naturel
Il repose sur des ouvertures permettant l’évacuation naturelle des fumées et gaz chauds vers l’extérieur, associées à des amenées d’air.

Cette solution dépend fortement de la configuration du bâtiment, de ses façades, de sa toiture et de la localisation des espaces concernés.
Désenfumage mécanique
Il repose sur des équipements permettant d’extraire mécaniquement les fumées.

L’installation doit être dimensionnée en fonction des locaux concernés et intégrée aux autres équipements techniques du bâtiment.

Le choix entre désenfumage naturel et mécanique ne relève donc pas uniquement d’une préférence technique : il dépend de la configuration du bâtiment et des exigences applicables au projet.

Pourquoi penser la sécurité incendie dès la conception de l’aménagement ?

Définition des circulations et aménagement d’un plateau de bureaux

Dans un projet de bureaux, le plan d’aménagement détermine la manière dont les collaborateurs vont circuler et évacuer les locaux en cas d’urgence.

Créer une salle de réunion, ajouter des bureaux fermés ou modifier un open space n’est donc pas neutre.

Plusieurs éléments doivent être étudiés conjointement : les circulations, les dégagements, les issues, le cloisonnement, les portes, les escaliers, les dispositifs de désenfumage et les différents équipements de sécurité.

L’INRS rappelle notamment que le nombre et la largeur des dégagements doivent être adaptés au nombre de personnes susceptibles de les emprunter afin de permettre une évacuation rapide et sûre.

C’est l’une des raisons pour lesquelles les questions de sécurité doivent être intégrées dès la phase de conception d’un projet d’aménagement de bureaux, et non vérifiées uniquement lorsque les plans sont terminés.

À ÉTUDIER CONJOINTEMENT
— Circulations
— Dégagements
— Issues
— Cloisonnement
— Portes
— Escaliers
— Désenfumage
— Équipements de sécurité

Modifier le cloisonnement peut-il avoir un impact sur le désenfumage ?

Oui, et c’est un point particulièrement important lors de la rénovation de bureaux existants.

Cloisonnement vitré d’une salle de réunion

Un plateau a pu être conçu avec un système de désenfumage correspondant à une certaine distribution des espaces. Lorsque l’aménagement évolue, il faut vérifier que cette nouvelle configuration reste compatible avec les dispositifs existants et avec les règles applicables.

Imaginez par exemple un grand espace ouvert transformé en plusieurs bureaux fermés et salles de réunion. Les volumes, les circulations et la relation entre les différentes zones ne sont plus les mêmes.

Le projet ne doit donc pas uniquement chercher à faire entrer le nouveau programme dans l’espace disponible. Il faut vérifier les conséquences techniques et réglementaires des choix d’aménagement.

Cette logique vaut d’ailleurs pour de nombreux équipements : ventilation, climatisation, éclairage, acoustique, courants forts et faibles ou sécurité incendie.

Quels autres éléments de sécurité incendie anticiper dans des bureaux ?

Le désenfumage n’est qu’une composante de la sécurité incendie.

La conception doit également prendre en compte les conditions d’évacuation des occupants et les dégagements nécessaires. Les portes, couloirs, escaliers et sorties qui constituent les cheminements d’évacuation doivent notamment rester accessibles et adaptés aux effectifs.

Le compartimentage et le comportement au feu de certains éléments peuvent également avoir une incidence sur les choix architecturaux. Selon le projet, cela peut concerner les murs, les portes ou encore certaines cloisons.

C’est notamment le cas lorsque des cloisons coupe-feu vitrées sont utilisées pour répondre à une exigence de résistance au feu tout en conservant la transparence et la circulation de la lumière dans les espaces.

Enfin, alarmes, signalétique et différents équipements de sécurité doivent être intégrés à l’aménagement.

L’enjeu consiste donc à faire cohabiter les usages, l’architecture et les exigences de sécurité, plutôt qu’à traiter chacune de ces problématiques séparément.

Et dans un ERP ?

Tous les bureaux ne sont pas nécessairement soumis exactement aux mêmes règles.

Lorsqu’un local constitue un établissement recevant du public, sa catégorie et son type ont une incidence sur les dispositions à prendre en compte en matière de sécurité.

La sécurité incendie fait alors partie des sujets qui doivent être analysés avec l’accessibilité et les autres exigences réglementaires applicables au projet.

Nous détaillons cette problématique dans notre article consacré à l’aménagement d’un ERP et à sa réglementation.

Identifier le statut du futur local constitue donc l’une des premières étapes avant de définir précisément les travaux à réaliser.

Comment intégrer le désenfumage dans un projet de rénovation de bureaux ?

01. Comprendre le bâtiment existant
Identifier les dispositifs déjà présents, les caractéristiques techniques du plateau et son organisation actuelle.
02. Identifier les contraintes de sécurité
Examiner les circulations, les dégagements, le désenfumage existant et les exigences réglementaires applicables.
03. Confronter le programme au bâtiment
Vérifier que le futur cloisonnement, les usages et la distribution envisagée restent compatibles avec ces contraintes.
04. Intégrer les adaptations au projet
Lorsque des modifications sont nécessaires, les intégrer suffisamment tôt à la conception, au budget et au planning des travaux.
Anticiper ces contraintes permet d’éviter de découvrir tardivement qu’un choix architectural nécessite la modification d’une installation ou qu’une distribution envisagée n’est pas compatible avec les contraintes de sécurité du bâtiment.

Selon la complexité de l’opération, cette analyse peut nécessiter l’intervention de bureaux d’études, bureaux de contrôle ou spécialistes de la sécurité incendie.

C’est également l’un des intérêts d’une mission de maîtrise d’œuvre : coordonner dès la conception les contraintes architecturales, techniques et réglementaires afin qu’elles soient intégrées à un même projet.

Désenfumage et sécurité incendie : des contraintes qui participent à la conception des bureaux

La sécurité incendie ne doit pas être considérée comme une vérification administrative réalisée à la fin d’un projet.

Le désenfumage, les dégagements, les circulations et les dispositifs permettant l’évacuation des personnes peuvent directement influencer la conception d’un aménagement de bureaux.

La réglementation actuellement applicable prévoit notamment un dispositif de désenfumage pour les locaux de travail de plus de 300 m² situés en rez-de-chaussée ou en étage, les locaux aveugles de plus de 100 m², les locaux en sous-sol et les escaliers. Mais ces seuils doivent toujours être replacés dans le contexte réglementaire propre au bâtiment et au projet.

Plus ces contraintes sont identifiées tôt, plus il est possible de les intégrer naturellement à l’architecture et aux travaux.

Vous préparez la rénovation ou l’aménagement de bureaux ? Synergy Travaux vous accompagne de la conception à la réalisation des travaux afin d’intégrer les contraintes techniques et réglementaires dès les premières phases du projet.

FAQ — Désenfumage des bureaux

Le désenfumage est-il obligatoire dans tous les bureaux ?
Non. Les obligations dépendent notamment de la surface, de la configuration et du statut des locaux. Dans le Code du travail actuellement applicable, certains locaux dépassant 300 m², les locaux aveugles de plus de 100 m², les locaux en sous-sol et les escaliers doivent notamment comporter un dispositif de désenfumage.
Quelle est la différence entre désenfumage naturel et mécanique ?
Le désenfumage naturel utilise des ouvertures permettant l’évacuation des fumées vers l’extérieur et l’arrivée d’air. Le désenfumage mécanique utilise des équipements d’extraction. La solution retenue dépend de la configuration du bâtiment et des exigences applicables au projet.
Un réaménagement de bureaux peut-il nécessiter de modifier le désenfumage ?
Potentiellement oui. Une modification importante du cloisonnement, des volumes ou des circulations peut nécessiter de réexaminer la compatibilité du dispositif existant avec le nouvel aménagement.
Qui doit vérifier la conformité du désenfumage ?
Cela dépend du projet et de son organisation. La conception peut faire intervenir différents professionnels compétents — maître d’œuvre, bureaux d’études spécialisés, bureau de contrôle ou spécialistes de la sécurité incendie — afin d’identifier les exigences applicables et de vérifier les solutions prévues.